Latifa

 
Quand elle entre dans la classe, ils se lèvent. Ils savent qu’elle a perdu son fils, ils savent comment, ils savent par qui il a été tué.

Dominique Jamet
Boulevard Voltaire
 
 Le collège est situé en « zone sensible ». Sur une trentaine d’élèves, une trentaine, noirs ou maghrébins, garçons et filles encore mêlés, quand même, sont musulmans.
Quand elle entre dans la classe, ils se lèvent. Ils savent qu’elle a perdu son fils, ils savent comment, ils savent par qui il a été tué.
Elle n’attirerait pas particulièrement l’attention dans les rues de cette ville de banlieue, elle ne détonne pas dans cet établissement scolaire où les enseignants n’ont pas la même couleur de peau que leurs élèves.
Elle est habillée comme le sont leurs mères. Un foulard épouse les contours de son visage rond, elle leur sourit d’un bon sourire. Elle pourrait être leur mère. Elle est leur mère.
Elle leur demande : « Est-ce que vous vous sentez français ? » « Non, madame ». Elle dit : « Si, vous êtes français. »
Elle demande : « Comment avez-vous réagi à la mort des journalistes deCharlie ? » Ils disent : « Ah, madame, ils l’avaient bien cherché, ils avaient caricaturé le Prophète ». Elle dit, très doucement : « On n’a pas le droit de tuer des gens parce qu’ils ont fait des dessins. C’était leur travail. C’étaient des êtres humains. »
Ils disent : « Nous sommes les oubliés de la République. On est enfermés comme des rats. Et les rats, quand ils sont enfermés, deviennent enragés. On ne peut pas s’en sortir. » Elle dit : « Vous n’êtes pas les oubliés de la République. Vous avez la chance de fréquenter les écoles de la République. Vous voulez vous en sortir ? Travaillez, vous réussirez. Saisissez votre chance. Elle est entre vos mains. »
Elle dit : « Je suis française. Je suis d’origine marocaine. Je suis de religion musulmane. Mais je suis d’abord française. »
Ce jour-là, comme presque tous les jours depuis trois ans qu’elle fait le tour des écoles, des lycées et des collèges de France, elle a eu en face d’elle des enfants et des adolescents attentifs, mais d’abord méfiants, fermés, sceptiques. Elle les quitte souriants, détendus, réconciliés avec eux-mêmes, avec leur vie, avec leur sort. «  Elle nous a remis sur le droit chemin », murmure l’un d’eux. Il s’était inquiété tout à l’heure de savoir si ça ne lui ferait pas du tort de s’appeler, de son vrai nom, Coulibaly.
Avant qu’elle parte, ils lui ont ménagé une bonne surprise. Spontanément, ils entonnent une maladroite et touchante « Marseillaise ».
Elle s’appelle Latifa Ibn Ziaten. Son fils Imad était soldat dans l’armée française, et fier de l’être. Il est tombé, le 11 mars 2012, sous les balles de Mohammed Merah.


 


Des résistants: les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo?


@Photo Tout le monde en parle
Zined El Rhazoui
 Depuis le début du XXIè siècle, le terme de résistance est utilisé de manière plus large pour désigner tout mouvement politique qui s'oppose à un phénomène précis. On parle ainsi de mouvements de résistance à la mondialisation, au libéralisme, etc.
C'est par l'entrevue avec Zined El Rhazoui, journaliste au  Charlie Hebdo et invitée d'honneur à l'émission Tout le Monde en parle, hier soir,  que j'ai ouvert les yeux sur un phénomène très particulier qui nous concerne tous. Et compris le véritable engagement des journalistes et dessinateurs de ce petit média qui ont été brutalement abattus dans un attentat insensé.  

C'est dans cet angle-là qu'il faut voir leur engagement exprimé sous forme d'humour parfois féroce, irrévérencieux et souvent frisant la vulgarité. À chacun sa façon d'exprimer le non dit-populaire.  
Malgré leur peine et faisant preuve de civilité, les survivants du carnage du 7 janvier dernier ont pardonné à ceux qui ont perpétré cet acte de haine et de violence. (Un geste qui en dit long sur leurs valeurs, c'est le moins qu'on puisse dire.)  
Toutefois,  Zined El Rhazoui de s'expliquer le cas des frères Kouachi :   «Pour nous (ceux qui restent), c'est deux cons. Et nous,  on sait que les frères Kouachi ne sont que l'instrument d'une idéologie. Et,  c'est cette idéologie que nous combattons. Tandis qu'eux, pour nous ce sont deux petits exécutants d'une besogne honteuse. Et qui restera une besogne honteuse dans l'histoire.»
Puis, suite aux propos tenus par Philippe Couillard et rapportés abondamment dans  nos médias, la semaine dernière:  «l'intégrisme doit être considéré comme un choix personnel et peut être toléré tant qu'il ne s'attaque pas aux droits de la personne.», Zined a mis en garde contre la confusion entre intégrisme et piété.  
«Comment peut-on isoler le phénomène terroriste de la matrice* idéologique qui le nourrit? a-t-elle demandé. Si je ne m'abuse, il me semble que M. Couillard confond peut-être la piété avec l'intégrisme. Alors que l'intégrisme, lui, c'est vraiment l'idéologie qui produit le terrorisme. »
À ce moment-là,  j'ai eu un petit sursaut quand la journaliste a utilisé le mot matrice* qui incidemment nourrirait le phénomène terroriste.  Est-ce à dire qu'elle aurait  confirmé sans aucune gêne ni crainte de passer pour conspirationniste, devant plus d'un million d'auditeurs,  dont 99% d'entre eux n'ont peut-être  rien saisi de la réelle signification de cette révélation?  Alors pourquoi avoir curieusement fait sauter l'expression dans le reportage du Nouvelliste de Trois-Rivières publié le 29 janvier dernier?  ICI
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La Matrice 
Matrix (en France) ou La Matrice (au Québec et au Nouveau-Brunswick)  (The Matrix) est un film australo-américain de science-fiction, un « cyberfilm», réalisé par Larry et Andy Wachowski, et sorti en 1999.  Synopsis:  Thomas A. Anderson, un jeune informaticien connu dans le monde du hacking sous le pseudonyme de Néo, est contacté via son ordinateur par ce qu’il pense être un groupe de hackers.  Ils lui font découvrir que le monde dans lequel il vit n’est qu’un monde virtuel dans lequel les êtres humains sont gardés sous contrôle.  Extrait: Wikipedia    

Mais si en 2015 ce monde qu'on nous a d'abord présenté sous forme virtuelle (fallait bien commencer quelque part, non?), ne se révélait-il pas aujourd'hui plus réel qu'on ne l'aurait  cru?  

Néanmoins,  le temps serait-il venu pour nous d'assumer  ce monde dans lequel, nous, les êtres humains en chair et en os,  sommes gardés sous contrôle peu nous importe par qui puisqu'on y trouve bien-être, consommation, confort, etc,  donc sommes parfaitement heureux qu'il en soit ainsi?   

Sauf qu'à cela le prix à payer pour tous ces bienfaits fournis généreusement par la Matrice (mondialisation, etc) nous échappe encore pour le moment. Mais, hélas,  pas pour les journalistes et les dessinateurs de Charlie Hebdo, les vrais Charlie,  qui par leurs petits dessins (dont on  n'a pas toujours compris le sens ), eux, y ont payé le prix de leur vie.  

Pour cela, je pense qu'ils doivent être considérés non pas seulement comme des héros,  mais aussi  des résistants.   Et plus encore, en laissant à leurs survivants ce lourd héritage.

Dans les années cinquante à Paris



La F(u)MIste
 
La patronne du FMI, dans son hommage à feu le roi Abbdallah d’Arabie saoudite a déclaré que celui-ci était (ou avait été ...) « de façon très discrète un ardent défenseur des femmes. » Quelle bêtise conventionnelle de Christine Lagarde!   
 
 Ce qu'il ne faut pas inventer  et faire entendre  sous l’emprise de ces rituels vides de sens qui conduisent, plutôt qu’à se taire, à dire du bien de ceux qui ne le méritent pas, pour brosser dans le sens du poil celui qui a permis l'exécution d'une femme parmi sept ou huit hommes, au début de janvier 2015. 
 
Alors, chère dame Lagarde, remontez le jupon de votre burqa,  et faites-vous plus discrète lorsque vous vanterez la bonté de feu les rois d'Arabie envers les femmes.  
 
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La féministe
 
Nancy Huston   en entrevue sur les ondes de la Radio Télévision suisse 
 
« Les hommes ont vraiment un problème avec le masculin et la virilité, et beaucoup de violence dans ce monde en découle », a dit Nancy Huston, qui a beaucoup écrit sur la condition féminine. C'est pourquoi elle a été invitée à commenter l'attaque contre l'hebdomadaire français Charlie Hebdo.
« Je peux dire que les dessinateurs de Charlie Hebdo avaient aussi un problème avec leur virilité, que j'ai toujours détesté l'image des femmes et des homosexuels qui transparaissaient dans leurs dessins, comme j'ai détesté le fait qu'il publie les caricatures islamiques. »
 Elle a ensuite ajouté : « C'est un humour qui trivialise, agresse, banalise, blesse, et je n'ai jamais vu l'utilité d'être bête et méchant. Je ne peux pas dire que ce sont mes valeurs, puisque mes valeurs sont exactement le contraire de ça. »   Radio-Canada RDI mercredi 28 janvier 2015.

Je suis bien d'accord avec ses propos, mais il y a autre chose.  Vivant en France depuis 40 ans, Nancy Huston n'a pas l'air d'avoir compris que son pays d'accueil est entrain de sombrer dans  l'absolu totalitaire.  Bizarre.
 
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L'économiste



« Dans les années cinquante, Paris devint le lieu de mille conversations.  Les cafés sont le point de convergence de toutes les idéologies. »    

À l'époque de Jacques Parizeau, on pouvait dire que la main invisible n'était qu'un concept ... Une abstraction, quoi! Financièrement parlant, il va sans dire.  

Mais aujourd'hui, soixante ans plus tard, cette main invisible qui souffle le chaud et le froid, n'a jamais cessé de dicter la voie et d'inspirer la marche à suivre, d'abord à nos banquiers nationaux et internationaux qui s'amusent à faire grimper ou descendre les taux d'intérêt, ou encore à mettre en faillite les pays du monde occidental.    

Moins d'une décennie après la fin de la Seconde Guerre mondiale, on jouissait de cette liberté si chèrement payée par le sang versé des millions de victimes militaires et civiles.  

Aujourd'hui, soixante ans après Jacques Parizeau, dans les médias, dans les cafés ou tout simplement entre eux, les conversations ne sont plus les mêmes. Certains mots  deviennent suspects, voire interdits, tandis que d''autres  résonnent dans les médias et les cafés désormais:  Islam, mosquée, terroristes islamiques, imam, Coran, musulman, voile, islam, conversion, compatriotes musulmans, jeunes de banlieue, djihad, islam,  construction de mosquées, nikab, attentat islamique, Institut du monde arabe, salafistes, Abdallah, Muhammad, religion de paix et de tolérance, égorgements, viande halal, soumission, islam, grands frères, agressions, imam, jeunes des quartiers, terrain pour une nouvelle mosquée, etc.    

Aussi des expressions graphiques ont pris les sombres couleurs de la malveillance, de la haine ou de la vengeance;  et enfin de brillants auteurs sont soudainement pris dans le filet des (désa)voués au piloris de l'aveuglement populaire pour avoir compris, eux,  la réalité. La leur, bien sûr.    

«Bien évidemment que nous avons peur!», disait Michèle Tribalat,  démographe à l'Institut national d'études démographiques (NED) dans une interview, la semaine dernière.* Bref, l'ombre de la peur de l'après-Charlie, tant chez les élites que dans la population, fait apparaître une faille tellurique (qui, avant Charlie,  était déjà là, hélas, bien visible  et qui risque de bouleverser les fondations mêmes de la France dans un avenir proche.    

Sauf que les Français n'aiment pas en entendre parler.  Allez savoir pourquoi.
 
* ICI

Excuse-moi ce long préambule, chère Clau


Bonjour,  Clau,  

La première de mon cactus de Noël

Pour te dire que je suis bien contente de t'avoir rencontrée, hier.  En effet, notre petite conversation (dans la voiture) a suffi à me convaincre  que je suis tout à fait d'accord avec toi sur la situation actuelle, en France, après les événements des dernières semaines.  Pour dire simplement, le doute nous rejoint toutes les deux sur les enjeux de ces événements.   

D'abord, je suis encore et toujours très marquée par ce carnage sans bon sens dans les locaux de Charlie Hebdo. Et bien sûr, des autres attentats qui ont affligé la France depuis un certain temps.  

Mais comme toi, je crois que les Français (trop émotifs, communion nationale ou psychose collective?), auraient donc manqué une bonne occasion de manifester de façon citoyenne, au lieu de suivre l'appel (désespéré ...!!!) de leur président au plus bas dans les sondages à ce moment-là.  Aujourd'hui, nombreux sont ceux et celles qui doutent des intentions qui l'animaient dans les heures qui ont suivi l'attentat ... Voilà mon point de vue sur cet aspect particulier des choses.    

Excuse-moi ce long préambule, chère Clau,  mais ce qui précède n'est pas précisément l'objet de mon message.  Je lis présentement Le Suicide français  d'Éric Zemmour, le bouquin le plus controversé présentement en France,  et cela depuis maintenant plusieurs semaines.

Je crois comprendre, (et cela est un bien grand mot), la raison principale pour laquelle ce livre est si vilipendé par les médias, et  honni par un grand  nombre de Français dont certains ne l'auraient même pas lu ...     

À mon avis, c'est tout simplement parce qu'il dérange énormément du fait qu'il va à contre-courant de l'idéologie dominante: mondialisation, modernité, européanisme (européisme), etc.    

D'ailleurs, au diable la liberté d'expression, Éric Zemmour est tellement détesté à l'heure actuelle pour avoir dit (ce qu'il n'a pas dit ...) et  écrit ce qu'il pensait,   qu'il a besoin à l'heure où l'on se parle  de trois gardes du corps afin de le protéger des menaces de mort à son endroit.    

Or, comme tu te sentais concernée hier à propos de tes amis toulousains, enfin c'est ce que j'ai cru comprendre, et comme ce matin j'abordais le chapitre Airbus story, (page 439 à la page 445),  m'est venue soudainement la folle idée de savoir ce qu'en auraient pensé tes amis toulousains, s'ils lisaient ce chapitre-là. (Toulouse, la ville rose, n'est-elle pas devenue, grâce à Airbus, une métropole mondialisée? ...)    Enfin, et comme de raison, je suis très consciente qu'il se pourrait bien qu'ils n'en n'aient aucunement  l'intention de le faire.    

Dans ce dernier cas, qu'on me pardonne, alors, ma curiosité existentielle et, évidemment mon sans-gêne (extrême) auprès de tes amis qui te sont si chers.    

Merci de m'avoir lue (jusqu'à la fin)
et bonne journée,  

D. 

Éric Zemmour: Mis hors d'état de dire ...(lire: de nuire)




Liberté d’expression, vraiment? 
  
Le temps n’est pas encore venu d’analyser les tragiques événements qui ont touché notre pays mais l’émotion s’est largement répandue au-delà de notre territoire pour susciter une vague de compassion et de mobilisation sans précédent.
 
Notre pays a été touché dans ce qu’il a de plus grand et de plus beau : sa tradition de libre pensée et de parole allant parfois jusqu’à l’irrévérence et les choix politiques d’un certain modèle de société. Le tribut est particulièrement lourd : dix-sept âmes ont été emportées pour le seul fait d’être des caricaturistes satiriques, des policiers protecteurs et aussi pour le seul fait d’être des juifs vivant en France. 
 
Cela s’est passé à Paris, capitale de la France. Pas à Bagdad ni Kaboul mais dans la ville des Lumières, celle qui est encore appelée dans le monde entier « the City of Lights » pour sa beauté lumineuse, comme ce siècle qui donna naissance aux esprits les plus éclairés pour défendre nos libertés individuelles face aux fondamentalismes de tous bords.  
 
C’est au nom de cette liberté d’expression comme cette volonté farouche de résister que plus de 4 millions et une personne en France et à Paris ont foulé les pavés du boulevard Voltaire jusqu’à la porte de Vincennes.  
 
Quel clin d’œil tragique que d’être si près de Voltaire et si loin de son héritage intellectuel.  
 
Alors que nous nous mobilisons à l’unisson de Charlie, n’oublions pas que, trois semaines plus tôt, Éric Zemmour était éjecté d’i>Télé pour avoir prononcé, au cours d’une interview donnée à un journaliste italien deux mois plus tôt, un mot qu’il n’a en fait jamais dit. Bien évidemment, dire la vérité n’aurait pu justifier la décision de le retirer de l’antenne, alors on préfère mentir de manière outrancière.  

Le succès de son livre inquiète, il deviendrait un personnage incontrôlable. Il est surtout très lu et son influence grandit à l’aune de la justesse de ses analyses sur notre pays.
 
Bien sûr, il ne faut pas tomber dans le simplisme de dire qu’il prédisait ce qui nous arrive, tout comme il est grotesque d’affirmer qu’il en est le responsable.
 
Mais certaines libertés d’expression ont plus de valeur que d’autres. Certains auteurs, par leurs écrits ou leurs dessins, mobilisent plus. Ils furent peu nombreux à venir dénoncer son éviction. On sentait le vent du maccarthysme souffler sur la petite bulle médiatique, il fallait mettre Zemmour hors d’état de nuire, hors d’état de dire !  
 
Seule RTL a eu le courage d’expliquer son choix en le soutenant.  
 
Le tort de l’auteur du Suicide français est de poser un diagnostic sans complaisance de l’état dans lequel se trouve son pays : sa transformation sociale, le délitement de son autorité et son rang perdu auprès des autres nations par une mondialisation effrénée mettant à mal son économie.  
 
Mais ce n’est pas en cassant le thermomètre que le malade se porte mieux. Depuis la manifestation de dimanche (le 11 janvier dernier), trois policiers protègent Éric Zemmour, suite à des menaces de mort lancées à son encontre.  
 
Pas facile d’être libre au pays de Voltaire !
 
Source: Boulevard Voltaire
 
***
 
Les vraies intelligences supérieures n'ont pas besoin de s'en vanter. Ça se voit à l'oeil nu, non? Cela dit,  c'est pas pour me vanter,  mais  en ce qui me concerne  je sais reconnaître cette intelligence autour de moi, bien que la modestie me suggère d'en assumer le poids. Enfin, je ne me cacherai pas  de m'enorgueillir de côtoyer quand l'occasion se présente, des gens qui possèderaient une telle intelligence.  Et celle de Zemmour, entre autre, aussi dérangeante soit-elle, est l'une de celles-là. 

Sans les Russes, on l'aurait perdue cette guerre-là




« La guerre vient de terminer, rappelle Jacques Parizeau. Tout le monde est très conscient que sans les Russes, on l'aurait perdue cette guerre-là. Ils ont résisté aux Allemands de façon extraordinaire. Ils viennent d'entrer aux Nations-Unies. Les plus vieux dans nos familles disent: Attention ce sont les Bolchéviques! Pour mon grand-père, tous ces gens-là sont des brutes redoutables. Pour les gens de mon âge, c'est tout à fait autre chose. Nous étions tous sympathiques aux discours des communistes. »  Propos recueillis par le biographe, Pierre Duchesne  p. 122

L'idée d'entreprendre ce bouquin s'est insinuée dans mon esprit suite à une longue conversation que j'ai eue avant les Fêtes avec un ami. C'était lors d'une marche sur un petit chemin de travers dans une mini municipalité,  située dans les Cantons de l'Est.   Or, en plus de me communiquer son enthousiasme pour le héros, l'auteur, le volume et son énorme poids historique, il m'a aussi gentiment offert de me prêter ses deux volumes ...  Alors, voilà!

Sauf que j'en n'ai pas tout à fait terminé avec le Suicide français d'Éric Zemmour; les événements des derniers jours m'ayant coupé le souffle après avoir été secouée comme tout le monde par le choc de la tragédie Charlie Hebdo.

En outre, je dois avouer  que les diverses réactions charriées comme les débris d'un tsunami par la marée humaine à Paris, ce dernier  dimanche, n'étaient pas toutes révélatrices d'un grand réconfort quant à l'avenir de la liberté d'expression.

D'accuser devant les médias l'auteur Zemmour d'être responsable des événements survenus en France en ces jours-là, n'annonçait  rien pour UNIR les Français entre eux, d'abord, puis avec les autres, en l'occurrence, les immigrés  musulmans (pas tous radicaux il va sans dire, mais souvent non assimilés),  comme le leur réclamait désespérément leur président.

À mon avis, aujourd'hui plus que jamais, il est impérieux d'avoir lu Éric Zemmour, du début à la fin de son bouquin,  pour comprendre pourquoi les Français se séparent les uns des autres, en refusant de voir qu'il y a inquiétude en la demeure au pays de la doulce France.

Et c'est de ça justement, ce dont il est question dans le Suicide français. On a le droit d'être en désaccord total avec la réalité exposée et les divers faits analysée par Zemmour,  mais, on n'a pas le droit de le virer comme on l'a fait avant les derniers événements.  

Et Marine Le Pen, elle-aussi, serait responsable? Hé,  les Français! Vous ne vous rendez pas compte qu'on vous a manipulés?  La question qui tue: la France saura-elle reconnaître et assumer la véritable liberté d'expression? Pas seulement l'expression dominante.

Maintenant parlons des Russes!

Charlie Hebdo: Et après?


Il y a eu le choc, l’émotion, le recueillement et l’union. Et maintenant ? Trois intellectuels nous livrent leur analyse.

« Il n’y a qu’une seule laïcité » 


Elisabeth Badinter, philosophe   

« Il vient de se produire quelque chose d’exceptionnel : le surgissement d’un sentiment d’unité nationale. On pouvait lire, dimanche, sur les visages le contentement d’avoir retrouvé cette union. Certes, on a célébré la fraternité, mais va-t-elle perdurer ? Il y a un énorme travail social à faire, la tâche est immense. La laïcité a été traînée dans la boue ? Il faut donc revenir aux fondamentaux. Il n’y a pas des laïcités ni de laïcité “ouverte”. Il n’en existe qu’une seule.      

En privé, on peut pratiquer sa religion ; en public, c’est le collectif qui l’emporte. Donc la République. Il n’y a aucune raison de porter une kippa ou une tenue islamique à l’extérieur. Il faut faire un effort pour conforter ce qui nous unit et laisser de côté nos différences. Je pense qu’on a été lâche avec un politiquement religieux qui l’emportait sur tout. Il a fallu s’y soumettre, s’agenouiller devant une demande religieuse grandissante. Ce qui est tout à fait contraire à la laïcité. Par une crainte immense de stigmatisation, on a failli.     

Tout a raté à partir de 1989, lorsqu’on a laissé des adolescentes entrer voilées dans un collège de Creil. Si on avait dit non, cela se serait arrêté. Voilà la faiblesse de l’Etat. L’émotion actuelle est très sincère, mais c’est au quotidien qu’il va falloir résister. Il faut sortir du politiquement correct comme le faisait “Charlie Hebdo”. Je souhaite que ce dimanche de manifestations soit la date anniversaire d’une résistance. » 


« Ce qui m’inquiète, c’est l’ignorance des politiques »

Dounia Bouzar*, anthropologue
 
 « J’engage les parents, les proches et les professeurs à contacter le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI), mandaté par le ministère de l’Intérieur, lorsque des signes de rupture apparaissent. Cela nous concerne tous car les prédateurs intégristes s’attaquent d’abord à ceux qui ne connaissent pas l’islam : des familles maghrébines non pratiquantes, des catholiques et énormément d’athées. Les meilleurs agents de prévention, ce sont les parents, qui doivent essayer de détecter le changement de comportement de leur enfant.
 
L’embrigadement d’un jeune ne se voit pas à des signes religieux, mais à des signes de rupture : ne plus fréquenter ses amis, cesser ses activités de loisirs, puis rompre avec l’école. Il faut une vigilance immense. Les méthodes d’embrigadement ont été considérablement affinées, les discours individualisés selon la cible visée – notamment pour les filles à qui on évite de parler de massacres. La création d’un numéro Vert [0 800 005 696, ndlr] au ministère de l’Intérieur, permettant aux familles de recevoir un soutien et de “bloquer” les jeunes à la frontière, a été obtenu grâce à la mobilisation des mères, quelles que soient leurs convictions.

 Les amalgames profitent aux radicaux : ils se font passer pour des musulmans orthodoxes et bénéficient de notre laïcité pour justifier leur pratique sectaire. C’est un comble ! Ce qui m’inquiète profondément, c’est l’ignorance de certains politiques dans leur discours sur l’immigration. Sur les 1 200 jeunes ayant un lien avec le djihad en France, 40 % n’ont rien à voir avec l’islam et l’immigration. Il faut travailler sur l’embrigadement plutôt que pointer l’origine des gens et leur religion. Il faut se poser la question : comment transforme-t-on un enfant en bombe humaine ? »
 
* Directrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam.
 
« Il faut une “résilience sociétale” » 

   Boris Cyrulnik, neuropsychiatre
 
« Il y a aujourd’hui deux dangers. D’abord, se taire parce que l’on aurait peur ou parce que l’on ne se sentirait pas concerné. Ce silence serait complice. Ensuite, parler, mais en se vengeant ou en générant une parole anti-Arabes. Un racisme, donc. “Je suis Charlie”, dans son acception collective, c’est refuser une escalade qui ajouterait le crime au crime.
 
Dimanche, on a inventé ensemble un rituel pour garder nos morts en vie. Après ce traumatisme, il va falloir se remettre à vivre, mais en changeant notre manière d’exister : c’est la “résilience sociétale”. Elle n’adviendra que si on évite de régler ses comptes, de rester prisonnier du passé. Que va-t-on faire de cet immense crime ? Il faut transcender cette blessure et cesser les petites misères minables qui, au quotidien, s’expriment dans la haine de son voisin. La France a besoin d’un nouveau contrat social, et ce 11 janvier de solidarité en fait la promesse. Il faut espérer un sursaut républicain, une véritable envie de partage, une appétence pour le vivre-ensemble. »
 
Source: ELLE

 

Relaxe Angela!

 



@L'Observateur
Moi  aussi,  je suis en colère contre tous ces  gouvernements fantoches et serviles, qui à l'instar de celui de la France, sont venus instrumentaliser cet événement  hyper tragique  afin de politiser et d'occidentaliser cette marche pacifique.  
Quant aux Français, une opinion traumatisée (Le Devoir), on leur a  volé leur émotion et on a tué leur recueillement.  On a aussi pulvérisé un élan pacifique et commun comme ils en avaient plus vu depuis une décennie pour en faire un ralliement de laquais,  prêts à tout pour plaire et satisfaire leurs maîtres et leur gouvernement de l'ombre.


@ L'Observateur
À noter le regard noir de Netanyahou

« La grande "marche républicaine" contre le terrorisme a réuni une rangée extraordinaire de dirigeants du monde entier, ce 11 janvier, à Paris. Ici, de gauche à droite, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, Nicolas Sarkozy, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, un policier, François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel, et le président palestinien Mahmoud Abbas.» L'Observateur
« Je ne crois pas à la théorie du complot, mais je ne crois pas non plus à la théorie officielle. »,  disait Roland Dumas.   Néanmoins rien qu'à voir le regard noir que pose vaguement Netanyahou à gauche sur la photo,  on ne peut s'empêcher de penser qu'il pourrait  peut-être bien y avoir un lien entre l'attaque  de Charlie Hebdo et la connexion du Mossad. Israël aurait-il laissé échapper sa colère pour la reconnaissance de l'État de Palestine par la France?  Je vous le laisse en mille.
 
Moi, je ne suis ni Charlie, ni Hebdo (c'était qui celui-là ...???). Non mais, je suis plutôt du côté de la France. La vraie. Et pas du tout européenne pour deux sous.  Je suis française de souche, et fière de l'être.  Mes ancêtres étaient des Bretons et des Normands. Alors pardonnez-moi cette petite exploration dans le catalogue des théories du complot. Merci d'être  indulgents à  mon égard.
 
Un peuple uni, a-t-on entendu réclamer par son président dans les heures qui ont suivi cette terrible tragédie. Uni peut-être,  mais certainement pas pour la France entière puisqu'un quart des Français aura été exclu  de ce grand rassemblement suggéré par ce président aux abois depuis un bon moment: semblerait que jamais auparavant, un président français n'avait été aussi bas dans les sondages. Or parmi eux, nombreux sont ceux qui voient avec effroi et désolation leur  France se dissoudre lentement mais sûrement, dans le vaste amalgame européen.  Lire: à vitesse grand V. 
 
@L'Observateur
- Relaxe, Angela! C'est bientôt fini. Tout est sous (mon) contrôle,

Unis  pour l'Europe à tout prix, bien que pas tous n'en sont convaincus,  d'abord à l'instar de ce couple lié par les mêmes craintes et contraintes, sans oublier la lourdeur des mêmes secrets, bien sûr.

Puis  ces manifestants rassemblés pour dire leur refus d'un terrorisme télécommandé et commandité par ceux-là même qui veulent leur bien, mais il est interdit d'en parler ... En effet,  soudés et solidaires, en France comme partout ailleurs, le sentiment prévalant qui a fait se mobiliser autant de gens de diverses nationalités, était celui de revendiquer de se libérer de la haine, de la violence terroriste, de la guerre. Mais en tête du cortège se trouvaient justement certains des principaux responsables des politiques qui ont conduit à tout cela.

Enfin,  on l'a bien vu, tous sont néanmoins bien tristement rentrés  chez eux. Mais combien d'entre eux  avec en plus  la peur (de l'avenir ...!) dans le ventre.  Comment y échapper alors que leur président, François Hollande, leur a promis d'autres attentats?  Du nouveau, tiens! 

Le sang froid a beaucoup coulé à Paris





Si c'est pour la liberté d'expression que des terroristes musulmans ont fait un tel carnage à Charlie Hebdo  en assassinant cinq de leurs caricaturistes,  alors pourquoi avoir tué aussi des policiers avec un tel sang froid?  

Cette affaire laisse une étrange odeur derrière elle.  Comment la carte d'identité de l'aîné, Said Kouachi, a-t-elle pu avoir été retrouvée dans la voiture abandonnée par les fuyards dans le 19è arrondissement?  Cela nous rappellera drôlement le passeport ayant appartenu à l'un des terroristes qui aurait été trouvé dans les décombres fumantes des tours jumelles effondrées à New-York, en 2001?




En raison de l'actualité, Jean-Michel Vernochet a modifié le format de sa troisième émission "désintox" pour traiter de l'attentat contre Charlie Hebdo. À savourer sans modération!

Jean-Michel Vernochet est un écrivain, essayiste, journaliste et géopolitologue français, né le 6 septembre 1947 à Paris.

À suivre.

*** 
 « Je ne suis pas Charlie » 
 
« Nous sommes tous Charlie » proclame Libération, et bien non pas moi,
Je n’ai pas fait campagne en faveur du traité de Maastricht, je ne suis pas Charlie,
Je n’ai jamais amalgamé le PCF et le FN, je ne suis pas Charlie,
Je n’ai pas soutenu les bombardements de l’OTAN sur la Yougoslavie, je ne suis pas Charlie,
Je n’ai pas fait campagne pour le OUI au référendum sur la constitution européenne en 2005, je ne suis pas Charlie,
Je n’ai pas cherché à enfoncer Denis Robert et défendu Clearstream, je ne suis pas Charlie,
Je n’ai jamais pensé que Cuba est une dictature, je ne suis pas Charlie,
Je n’ai jamais pensé que Chavez était un dictateur, je ne suis pas Charlie,
Je n’ai pas approuvé le bombardement de la Libye, je ne suis pas Charlie,
Je ne me suis pas réjoui de l’assassinat de Khadafi, je ne suis pas Charlie,
J’ai désapprouvé, en 2006 l’attaque du Liban par Israël, je ne suis pas Charlie,
Je ne prends pas partie, systématiquement pour Israël contre les palestiniens, je ne suis pas Charlie,
Je ne ferme pas les yeux sur le nazisme en Ukraine, je ne suis pas Charlie,
Je pense que Femen est un mouvement qui prend sa source dans l’extrême droite ukrainienne, je ne suis pas Charlie,
Je ne pense pas que la Russie soit un pays dangereux pour la paix dans le monde, je ne suis pas Charlie,
Je ne pense pas que la Russie soit responsable de la situation en Ukraine contrairement à l’UE et l’OTAN, je ne suis pas Charlie,
Je n’ai pas appelé à l’intervention en Syrie, je ne suis pas Charlie,
Je n’ai jamais fait de l’opposition syrienne des héros, j’ai toujours pensé que ce sont des fanatiques islamistes plus ou moins manipulés, je ne suis pas Charlie,
Les journalistes de Charlie, comme les policiers et l’agent d’entretien tués sont évidemment innocents et leur assassinat est injustifiable, mais n’en faites pas des héros...
Rendre hommage aux victimes, oui bien sûr, mais ce n’est pas autour de Charlie et de ses « valeurs » que je voudrais voir se rassembler le peuple français... Et refusons cette union nationale masquant l’intention réelle des terroristes et les responsabilités écrasantes des dirigeants français dans la haine suscitée par notre pays...
 La presse est en grande difficulté et la liberté d’opinion gravement mise en cause depuis de nombreuses années et de ce point de vue le groupe Lagardère ainsi que d’autres marchands d’armes ont une grande responsabilité dans ce qui lui arrive. Je trouve donc plutôt faux cul que le groupe Lagardère qui alimente en armes tous les régimes réactionnaires du monde arabe, se mette en tête de la campagne pour la parution du journal. Le CNR avait un point très clair sur la liberté de la presse, en particulier contre la presse de monopole et ses grandes concentrations. Exigeons l’application de la loi et le retour aux principes de l’ordonnance de 45.

Gilbert Rémond

Source: cielvoile.fr
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 Mes prévisions pour 2015, (suivant la suggestion de Rob Brezny)

Prévision 1 :  Le président français actuel,  François Hollande,  sera chassé du pouvoir à la suite  d'un  putsch;
Prévision 2 :  Et l'ancien président, Nicolas Sarkozy, mine de rien reprendra, lui, le chemin du pouvoir.  (Si on lui en donne la chance, et j'espère que cela n'arrivera pas)
Prévision 3 :  Au Québec, Pierre-Karl Péladeau sera élu chef du Parti québécois
 

Écrire à la main

Avant-hier, j'ai lu, sur Sott.net, un article qui rapportait le fait que d'écrire à la main (et à la mine dans mon  cas), était l...

Horoscope poétique

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De Rob Brezsny