En nord-américaine d'origine européenne de longue date, il m'étonne, ce chapitre du modèle russe décrit par l'auteur Alexandre Latsa. pp.147-151
« Habitués que nous sommes de s'entendre vanter depuis des lustres le " modèle américain " et/ou européen, cela me fait tout chose de voir que les élites russes actuelles, en total désaccord avec la voie historique que prend l'Europe de l'Ouest sur le plan politique, économique et surtout moral, pourraient être tentées de continuer à développer un modèle russe établissant une forme de continuité entre les héritages tsariste et communiste, et intégrant les impératifs économiques et les nécessités géopolitiques du monde actuel.
Pour ce faire, les élites russes d'aujourd'hui sont en train de ressusciter les théories russes du XIXè qui envisageaient leur pays comme un ensemble à part et une authentique terre du milieu entre l'Ouest et l'Asie, et remettent au goût du jour les principes enfouis dans l'inconscient collectif, notamment l'idée de la différence entre la Russie et l'Occident. »
Je passerai alors sous silence cette longue analyse sur les changements profonds que connaît la Russie sur le plan intérieur. Mais j'aimerais tout de même dire que les trajectoires russes et européennes sont destinées à se séparer avec une intensité proportionnelle à l'éloignement que l'Europe se choisira d'avec la Russie et donc de l'Eurasie.
Tout dépendra des liens que Bruxelles effectuera en choisissant de se tourner vers l'Occident et les États-Unis, refusant ainsi indirectement d'accepter l'établissement d'un monde multipolaire (en contradiction avec le monde unipolaire étatsunien ), grand projet des élites russes.
Comme si la réconciliation à laquelle nous avons assisté cette semaine, entre la Russie et la Turquie, augurait d'un avenir en ce sens, que le renouveau de la Russie pourrait bien conduire à une Byzance du futur.
En tout cas, cela pourrait-il être le message que nous auraient laissé entendre les deux présidents russe et turc, Vladimir Poutine et Recep Tayyiq Erdogan ce dernier lundi?
Chose certaine, je sens dans mes veines que nous vivons à l'heure actuelle une période géopolitique historique du tonnerre ...
À suivre.
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